L’ÉDUCATION DES ÉLÈVES À BESOINS ÉDUCATIFS SPÉCIFIQUES AU SEIN DU SYSTÈME DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE
Introduction
En Suisse, la scolarité obligatoire est de 9 ans. Pour de plus amples informations concernant l’organisation de l’éducation en milieu ordinaire, consulter www.educanet.ch.
Les cantons sont responsables de l’organisation de l’éducation des jeunes à besoins éducatifs spécifiques tout comme ils le sont pour l’enseignement en général. Il existe des formes de scolarité particulières pour les élèves qui ne remplissent pas les critères de l’enseignement ordinaire ou qui nécessitent des mesures éducatifs spécialisés pour les remplir. L’enseignement obligatoire s’applique aussi aux élèves souffrant de troubles visuels ou auditifs, de handicap physique, de difficultés d’apprentissage, de retard mental, de troubles de la parole et de troubles du comportement.
Parcours scolaire
Ecoles enfantines Intervention précoce En Suisse, l’intervention précoce est, principalement, du ressort de la famille. Les mesures peuvent être prises à la naissance ou dans les toutes premières années, avant que l’enfant commence l’école. Soit le spécialiste de l’intervention précoce vient au domicile de l’enfant, soit les parents amènent l’enfant au service spécialisé. En outre, un enfant souffrant de très graves problèmes peut être traité temporairement ou à plus long terme dans une institution spécialisée (un internat).
Une centaine de services d’intervention précoce couvre tout le pays. La plupart du temps, il s’agit de généralistes ayant une large expérience. De plus, il existe quelques services d’intervention précoce spécialisés dans certaines déficiences. Ces dernières années, le nombre de spécialistes indépendants de l’intervention précoce a augmenté.
Les spécialistes de l’intervention précoce travaillent généralement dans l’environnement familial de l’enfant ou en partie avec de petits groupes d’enfants.
Les services de l’intervention précoce ressortent partiellement du droit privé (par exemple les associations de parents), partiellement du droit public (par exemple la commune ou le canton).
Les jardins d’enfants à besoins éducatifs spécifiques Une partie des enfants présentant un retard de développement fréquente un jardin d’enfants à besoins éducatifs spécifiques ou un jardin d’enfants conçu pour les enfants souffrant de problèmes d’élocution. Il y a cependant des différences régionales. Une large proportion de ces structures est située dans les grandes villes. En principe, les jardins d’enfants à besoins éducatifs spécifiques préparent les enfants à des écoles spécialisées. Ils acceptent les enfants de 4 à 7 ans. En Suisse alémanique, les enfants sont admis à l’âge de 4 ans tandis qu’en Suisse romande et italienne, ils le sont dès l’âge de 3 ans.
Intégration Une petite proportion des enfants bénéficiant d’une intervention précoce fréquentera un jardin d’enfants ordinaire ; ils seront accompagnés d’un spécialiste en intervention précoce qui travaillera principalement dans le milieu familial de l’enfant avec des visites occasionnelles au jardin d’enfants. L’intégration au sein d’un jardin d’enfants ordinaire dépend en grande partie de la législation du canton.
Cycle élémentaire (transition du jardin d’enfants à l’école primaire) L’introduction d’une nouvelle mesure spécialisée pour la transition du jardin d’enfants à l’école primaire constitue un défi pour les professionnels de la petite enfance. Dans « le cycle élémentaire » les enfants âgés de 4 à 8 ans sont enseignés dans une classe. Ils peuvent parcourir ce cycle en 3-5 ans. Pour le moment, des classes d’initiation (la première année en un an) sont réalisées dans divers projets pilote au sein des écoles publiques ; les écoles privées offrant déjà cette possibilité.
Enseignement obligatoire L’éducation des élèves à besoins éducatifs spécifiques a lieu dans les écoles spécialisées (reconnues par l’assurance invalidité, voir 2. Finance) et dans des classes spécialisées qui sont liées à l’école régulière. Elle peut aussi consister en intégration scolaire, soutenue ou non par une école spécialisée.
Ecoles spécialisées Selon les critères de l’assurance invalidité , il y a des écoles spécialisées pour : - les élèves souffrant de handicap mental ; - les élèves handicapés moteur ; - les élèves souffrant de graves troubles du comportement ; - les élèves souffrant de déficience auditive ou visuelle ou de troubles de la parole ; - les élèves chroniquement malades (« écoles en hôpital »). Le nombre d’élèves fréquentant une école spécialisée a augmenté ces 2 à 3 dernières années.
Classes spécialisées Ce mode d’éducation des élèves à besoins éducatifs spécifiques est lié à l’école régulière ( les classes sont, par exemple, situées dans le même bâtiment que les classes régulières et relèvent de la même administration). - Les classes à effectif réduit au niveau primaire (habituellement, pas de plus de 14 élèves, programme adapté) ; - Les classes à effectif réduit au niveau secondaire (classes pratiques, programme réduit).
Remarque : La proportion d’élèves dans les classes spécialisées a régulièrement augmenté ces 15 dernières années. Ces classes sont constituées, en majeure partie, par des élèves souffrant de troubles du comportement et de difficultés d’apprentissage. De même, le nombre d’élèves bénéficiant d’un accompagnement individualisé à domicile (voir supra) a également augmenté.
Intégration scolaire En ce qui concerne les élèves présentant des troubles plus graves, l’intégration est très rare. Il existe cependant certains exemples, généralement liés à une école spécialisée. Les élèves restent administrativement liés à l’école spécialisée.
Pour les élèves souffrant de troubles moins sévères, l’intégration scolaire est une alternative aux classes spécialisées.
Remarque : Dans le cadre de l’intégration scolaire, l’élève bénéficie d’un programme éducatif particulier pour toutes les disciplines ou pour l’une ou l’autre seulement.
Mesures individuelles Ces mesures spécialisées sont offertes par des services itinérants, principalement dans le cadre des mesures d’intégration offertes dans l’enseignement régulier. Les mesures les plus fréquentes sont les thérapies du langage, le traitement de la dyslexie et les exercices psychomoteurs.
L’éducation des enfants et des jeunes à besoins éducatifs spécifiques en chiffres (année scolaire 2001/2002, enseignement obligatoire)
Classes spécialisées Nombre d’élèves % du total % d’élèves des écoles spécialisées Classes spécialisées 21.737 2,7 63,6 Classes d’initiation 9.358 1,2 27,4 Langue étrangère 3.100 0,4 9,1 Total 34.195
Ecoles spécialisées pour Nombre d’élèves % du total % d’élèves des écoles spécialisées Handicaps mentaux 9.555 1,2 64 Handicaps physiques 613 0,1 4,1 Troubles du comportement 2.560 0,3 17,2 Déficience auditive 887 0,1 5,9 Troubles de la parole 1.106 0,1 7,4 Déficience visuelle 198 0 1,3 Total 14.919
Ecoles spécialisées pour Nombre d’élèves % du total Ecoles spécialisées 14.919 1,9 Classes spécialisées 34.195 4,2 Total d’élèves 806.211
Remarque : Les élèves intégrés ne sont pas comptabilisés séparément.
Dans les classes spécialisées, la proportion de filles est de plus ou moins 38%, la proportion d’étrangers est d’environ 46%. En moyenne, il y a 9,6 élèves par classe.
Période transitoire école/emploi En Suisse, à peu près deux tiers des jeunes entrent sur le marché du travail via un apprentissage, c’est-à-dire une formation professionnelle. Moins de 20% des adolescents obtiennent un diplôme de l’enseignement supérieur.
La formation professionnelle en milieu ordinaire dure 4 ans. Pour les adolescents ayant des besoins éducatifs spécifiques moins importants (par exemple des difficultés d’apprentissage), il existe des programmes de formation plus courts ou des programmes de formation moins exigeants et bénéficiant d’une aide supplémentaire (voir 2. Financement).
Pour les adolescents ayant des besoins éducatifs spécifiques plus importants, les programmes de formation sont organisés par l’assurance-invalidité.
Les étudiants ayant des besoins éducatifs spécifiques et qui suivent un enseignement supérieur sont généralement des personnes souffrant d’un handicap physique. Ils sont généralement intégrés dans l’école régulière.
Historique de l’enseignement spécialisé en Suisse
Première école pour élèves non voyants à Zurich en 1810 Première école pour élèves malentendants à Yverdon en 1811 Première école pour élèves ayant des difficultés d’apprentissage à La Chaux-de-Fonds en 1882
L’entrée en vigueur de la loi fédérale sur l’assurance-invalidté en 1960 (voir 1. Dispositions légales) a facilité le développement d’écoles offrant des programmes particuliers.
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