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  Vue d'ensemble
  Les personnes handicapées demeurent l'une des catégories de la population qui présente le plus de difficultés às'insérer professionnellement, voire socialement, même si d'importants progrès ont été réalisés en ce domaine dans les dernières années.
De nombreux facteurs concourent àcet état de fait, dont :
- la mauvaise acceptation du handicap par l'environnement social,
- les entraves matérielles diverses,
- le faible niveau de qualification de nombre de travailleurs handicapés,
- la transformation et la dégradation du marché de l'emploi.

La législation et la réglementation française en ce domaine sont anciennes :

- texte du 26 avril 1924 (travailleurs "diminués")
- loi du 23 novembre 1957: fixation d'un quota de 10% de travailleurs handicapés dans les entreprises de plus de 10 salariés.
- loi du 30 juin 1975, qui "tente de dégager en un texte unique l'ensemble des grandes orientations et des moyens de leur application progressive qui doivent permettre à chaque handicapé d'atteindre un degré d'intégration sociale le plus élevé possible".
Ce texte, d'une considérable importance, dont la révision engagée depuis plusieurs mois est annoncée dans un délai proche, consacre l'abandon du concept d'assistance pour celui de solidarité.
Il réorganise les Commissions Départementales chargées des orientations des jeunes (Commission Départementale de l'Education Spéciale, CDES) et des adultes handicapés (Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel, COTOREP). Elle unifie les législations de 1924 et de 1957 relatives à l'obligation d'emploi sans les modifier.
- loi du 10 juillet 1987: ce texte améliore sensiblement les dispositions antérieures, dans un contexte difficile de chômage touchant d'autant plus fortement les populations les plus sensibles. Ce texte fusionne les régimes antérieurs d'obligation d'emploi. Les secteurs privés et publics sont désormais soumis à un quota d'emploi de 6% de travailleurs handicapés pour les entreprises ayant plus de 20 salariés. Elle substitue à une obligation de procédure une obligation de résultat.
Les entreprises peuvent s'acquitter de cette obligation de différentes façons:
o l'embauche de travailleurs handicapés,
o la sous-traitance avec le secteur protégé (limitée à 3% du taux d'emploi),
o accords collectifs contractuels exonératoires, agréés par l'état,
o versement à un fonds de développement pour l'insertion professionnelle des personnel handicapées - AGEFIPH : Association nationale de Gestion du Fonds pour l'Insertion Professionnelle des personnes Handicapées (cotisation égale A 500 fois le SMIC horaire par emploi non pourvu).

Le modèle français, tout en affirmant fortement sa préférence pour l'intégration des personnes handicapées en milieu ordinaire de travail et de vie, s'articule autour de trois concepts essentiels:
o le développement assez important du travail protégé (contribution importante ou intervention forte de l'état)
o une forte tradition de compensation (allocations, pensions...)
o une obligation d'emploi (concernant les entreprises et les administrations).

Parallèlement à la rénovation des cadres législatifs et réglementaires concernant l'insertion sociale et professionnelle des adultes handicapés, l'Institution scolaire et son secteur spécialisé (Adaptation et Intégration scolaires) ont considérablement évolué.
Si la Loi de 1975 prônait les processus permettant aux jeunes de demeurer dans le système ordinaire d'éducation, de préférence à tout autre mode de prise en charge, si les circulaires de 1982 et de 1983 mettaient en place les principes et les conditions techniques de l'intégration scolaire, la Loi d'Orientation sur l'Education du 10 juillet 1989, les textes en découlant et l'importante reforme du système médico-éducatif (Réforme des annexes XXIV) ont offert aux actions d'intégration un contexte tout à fait favorable.

Le système français de prise en charge des jeunes handicapés a donné une importance considérable au monde associatif. Les associations de parents d'enfants handicapés gèrent aujourd'hui un grand nombre d'établissements spécialisés. Certaines de ces associations se sont engagées très tôt dans des actions visant à favoriser le maintien des enfants dans un milieu ordinaire de scolarisation. Cette forte demande sociale s'est d'abord tournée vers l'école primaire (maternelle et élémentaire). Elle s'est concrétisée par le développement d'intégrations individuelles et en 1991 par la création de structures d'intégration collective, les CLIS, CLasse d'Intégration Scolaire (1991) et de dispositifs d'aide et de soutien à l'intégration, les SESSAD, Service d'Education et de Soins Spécialises a Domicile. Les dispositifs accueillant les adolescents handicapés mentaux en collège (UPI, Unité Pédagogique d'Intégration) ont été institues en 1995. Ces dispositifs des collèges ont été étendus dans un texte récent aux autres formes de handicap. De nombreuses familles et associations s'étant engagées dans la promotion des actions d'intégration scolaire se sont investies tout naturellement dans la recherche d'une formation professionnelle et d'une insertion sociale en milieu ordinaire des jeunes devenus adultes.

Depuis 2 ans de nombreuses mesures ont été prises dans le cadre de l'Ecole pour développer de façon très significative les intégrations. Elles se sont ajoutées à I'arsenal déjà existant.
La nouvelle définition des missions des établissements scolaires et des structures participant a cette mission de service public a, depuis 1989, conduit ces structures à assurer le suivi des jeunes en étant issus. (Cette obligation est portée à 3 ans pour les établissements spécialises).
Les questions de la formation professionnelle, de l'insertion sociale et professionnelle en milieu ordinaire se situent donc au cœur des réflexions actuelles.
Les actions conduites par l'équipe de LAVAL sont significatives et caractéristiques de l'évolution de la politique française en la matière: si les cadres et les impulsions demeurent nationaux, la France a renonce depuis presque 20 ans à une centralisation séculaire. Les solutions locales, la mise en synergie des acteurs de terrain, la mise en oeuvre de procédures originales et innovantes se développent, même si la mutualisation de ces "expériences" reste souvent difficile ou limitée.

Au delà des aspects particuliers de ces actions, il conviendrait de mettre en évidence quelques facteurs déterminants, peut-être quelques "recommandations" qui pourraient être utiles a ceux qui se sont déjà engages ou à ceux qui prévoient d'accompagner ce passage, cette TRANSITION entre l'école et la vie active des jeunes handicapés.

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